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Mon histoire : de la dissociation à une présence incarnée


Mon histoire est singulière. Peut-être, par certains aspects, semblable à celle de nombreuses femmes. Et pourtant profondément unique. Je prends ici le temps de la raconter, parce que c’est précisément ce temps lent, cette mise en mots respectueuse, qui fait déjà partie de mon approche. 


Une enfance en mouvement constant 

Je suis née dans une famille marquée par la séparation. Mes parents ont divorcé alors que j’avais sept ans. Avant et après cela, j’ai été ballottée, au sens propre comme au sens intérieur. En vingt et un ans, j’ai connu dix-neuf déménagements. Autant de ruptures, d’adaptations forcées, de pertes de repères. 

Très tôt, j’ai appris à m’ajuster, à sentir l’ambiance, à me taire parfois pour survivre. Le corps, lui, commençait déjà à se mettre à distance. 


L’entrée dans la dissociation

À l’adolescence, la fragilité psychique de ma mère s’intensifie. Des épisodes dépressifs profonds me mettent en insécurité. Puis, à mes douze ans, elle entre dans une secte. Comme beaucoup d’enfants, je la suis. Commence alors un enfermement psychologique fait de culpabilisation, de peur, de contrôle, de perte progressive de liberté intérieure. 

La dissociation corporelle s’installe comme un mécanisme de protection. Quand l’esprit est attaqué, quand la pensée est violée, le corps apprend à disparaître pour tenir. 

Des choix faits sans conscience de soi 

Jeune adulte, je continue à avancer sans vraiment me connaître. Des relations construites sans amour véritable, des engagements pris par loyauté, par peur ou par besoin d’appartenance. À dix-huit ans, la dissociation est encore plus profonde. Je vis coupée de mes sensations, sans limites claires, avec une confiance excessive envers l’autre. 


Puis vient la rupture radicale : je quitte la secte, le milieu familial, des repères entiers. Je pars seule, avec quatre enfants, pour tenter une reconstruction. 

Reconstruction… ou survie ? 

On parle souvent de reconstruction. En réalité, pendant longtemps, il s’agit surtout de survivre. Ma relation au corps reste floue, instable, parfois inexistante. La sexualité est borderline, non par excès, mais par absence de conscience et de limites. 

C’est à tâtons que je commence à retrouver une forme de liberté corporelle. Et c’est là qu’entre dans ma vie ce que j’appelle encore aujourd’hui ma plus belle baguette magique : le mandala. 

Le mandala comme chemin de retour à soi 


Le mandala m’offre un langage non verbal. Une manière de me déposer, de me contenir, de me regarder sans me juger. Il devient un outil de réintégration douce, un pont entre l’intérieur et l’extérieur. 

Je me forme, d’abord pour moi. Et en même temps, au fond de moi, je sais qu’une autre voie est possible. Une voie lente. Une voie respectueuse. Une voie incarnée. 


Le toucher conscient et la guérison lente 

Je commence à masser. Notamment des hommes. Et, paradoxalement, ce sont eux qui m’apprennent qu’une guérison lente, sans prise, sans domination, sans objectif, est possible. 

Le tantra entre dans ma vie presque sans bruit. Je le frôle, je l’approche, sans encore pouvoir le nommer. Jusqu’au jour où je choisis de me former au massage tantrique éthique. 

Je cherche alors une structure, un cadre, une douceur ferme. Un espace qui me permette, moi aussi, de guérir de la dissociation, d’habiter enfin mon corps en sécurité.


De la guérison personnelle à la transmission 

Aujourd’hui, je sais qui je suis. Je connais mes limites. Je reconnais ma puissance. Une puissance née non pas de la domination, mais de la résilience. 

De ce parcours est né un programme d’accompagnement. Mais surtout, une force simple et profonde : celle de la main tendue. Une main qui ne sauve pas, mais qui accompagne. Une main qui sait ce que traverser veut dire. 



Si tu es en train de marcher sur une partie de ce chemin — dissociation, perte de repères, reconstruction, réappropriation du corps — alors sache que tu n’es pas seule. 

Il existe une autre voie. Lente. Éthique. Incarnée. 

Et parfois, tout commence par un toucher conscient… ou simplement par le fait d’être enfin reconnue dans son histoire.